Y a-t-il encore des augmentations de salaire?

Publié par | 22 avril 2013 | Conseils / Trucs

Les employés syndiqués du secteur public semblent être les seuls à recevoir des augmentations de salaire, sur une base annuelle et ce, à chaque année.

Ces augmentations de salaire permettent de maintenir le pouvoir d’achat ainsi que de récompenser le travail accompli à un montant équivalent ou supérieur à celui de l’année précédente. Une augmentation de salaire, c’est un reflet d’une saine relation employeur-employé.

Mais les augmentations de salaire ont presque disparu dans le privé.

En fait, plus personne n’en parle!

Un employé qui aurait l’idée de discuter de la pertinence d’augmenter son salaire, avec un ou plusieurs autres employés, mettrait son propre emploi en péril. Pourquoi? Parce que dans le privé, discuter de la pertinence d’augmenter son salaire revient à insulter l’employeur. Même si c’est parfaitement absurde, les employeurs culpabilisent les employés qui veulent voir augmenter leur salaire en leur faisant valoir, souvent de manière indirecte, que d’avoir un emploi est l’enjeu, point final.

Ainsi, le salaire —souvent aux alentours de 9,90$ ou un peu plus— devient un sujet TABOU.

Dans un tel contexte d’omerta, demander au patron de revoir son salaire à la hausse, ne serait-ce que d’un petit pourcent par année, devient carrément impensable… et impossible puisqu’une telle audience ne sera PAS accordée.

Et pourquoi les employeurs accepteraient-ils d’augmenter les salaires dans un monde où le gouvernement du Québec, via son organisme d’emploi, « Emploi-Québec » promet aux employeurs de leur trouver de la main-d’œuvre bon marché et ce, GRATUITEMENT… le gouvernement plante un couteau dans le dos des employés du Québec et ces mêmes employés, lorsqu’ils ont besoin d’emploi, retournent dans les griffes de ce triste organisme pour devenir, à leur tour, l’employé concurrent d’un autre… qui sera rapidement REMPLACÉ lorsque l’employeur n’aura plus d’intérêt, pour ses services.

Et avec plus de 55,000 nouveaux immigrants par année, au Québec, un sinistre organisme comme « Emploi-Québec » a autant de « nouveaux candidats à placer » qu’il lui plaît. Sans le vouloir, ces immigrants à la recherche d’un emploi, souvent n’importe quel emploi, permettent aux employeurs de menacer les travailleurs en poste de perdre leur emploi (et d’être remplacé ipso-facto) s’ils ne répondent pas à une longue liste de critères, souvent excessifs.

L’organisme gouvernemental « Emploi-Québec » reçoit des MILLIARDS DE DOLLARS annuellement pour faire GRATUITEMENT le recrutement, à la place des employeurs. Ce faisant, « Emploi-Québec » met les travailleurs en compétition à un point tel que seul le salaire minimum peut être demandé par un travailleur… et pas un sou de plus!

Pourquoi?

Imaginez un manœuvre qui voudrait travailler à 15$ de l’heure parce qu’il a une habileté naturelle pour faire ce métier. Et bien, « Emploi-Québec » s’empressera de proposer 10 travailleurs sans expérience à 9,90$ de l’heure, rendant impossible pour notre manœuvre qualifié d’améliorer son sort, au plan salarial.

Le gouvernement du Québec a mis en œuvre un mécanisme sinistre et révoltant pour assurer l’appauvrissement des Québécois. « Emploi-Québec » est un piège pour les employés, certes mais aussi un piège pour les employeurs qui voudraient trouver des travailleurs qualifiés mais dans un monde où la compétition maintient les salaires aussi bas que possible, quel employé voudra sacrifier sa vie pour offrir un travail à plus haute valeur ajoutée si l’augmentation de salaire qui devrait rémunérer son travail demeure… inexistante?

Soyons clairs, à 9,90$ de l’heure, aucun père de famille ne peut loger, nourrir, vêtir, véhiculer et éduquer convenablement ses enfants.

Et vlan.

Que ce soit un Québécois d’origine ou un immigrant, 9,90$ de l’heure demeure une insulte salariale.

Et lorsque les emplois à 15$ disparaissent pour être remplacés par des emplois à 9,90$ de l’heure, grâce à la complicité du gouvernement via « Emploi-Québec », et bien, tout le monde y perd.

Alors, dans ce contexte d’appauvrissement généralisé, est-il encore possible de demander une augmentation de salaire? Certains diront que oui parce qu’un employé irremplaçable peut toujours commander un salaire plus élevé mais c’est un combat qui n’en finit plus parce que l’employeur n’a qu’à faire appel à « Emploi-Québec » qui, gratuitement, lui trouvera des « remplaçants prêts au travail » en quelques jours.

On peut penser qu’un certain pourcentage d’employés du privé continuent de recevoir des augmentations de salaire mais comme ces dernières s’accompagnent souvent d’une révision —à la hausse— de la « description des tâches à accomplir », peut-on vraiment parler de hausse de salaire? Ne s’agit-il pas simplement d’un ajustement salaire en fonction d’une tâche plus importante?

Pour les employés québécois, la guerre des augmentations de salaires n’est pas gagnée. Loin de là! Ce serait plutôt un combat ou les employeurs gagnent, grâce à la complicité du gouvernement du Québec.

Comme l’expérience professionnelle, les études et les contacts ne sont plus des gages systématiques d’obtention d’augmentations de salaires, les employés québécois ont intérêt à rivaliser d’ingéniosité pour faire briller leur unicité et ainsi, trouver une justification sans faille à leur argumentation en vue d’une compensation rehaussée, annuellement.

Si vous avez reçu une augmentation de salaire, cette année, n’hésitez pas à partager vos trucs!

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